Au temps jadis, au Moyen Age, sans doute, un homme fût accusé d’un crime qu’il n’avait pas commis. Ses juges ne l’en condamnèrent pas moins à être décapité.

Au moment où le malheureux allait poser la tête sur le billot, il aperçu une coccinelle et, craignant de l’écraser, il la saisit délicatement pour l’éloigner de l’instrument de supplice. Les juges qui étaient présents virent ce geste. Ils se regardèrent avec étonnement et, d’un commun accord, décidèrent qu’un homme qui faisait preuve d’un cœur aussi sensible ne pouvait être un criminel.

L’innocent fût gracié séance tenante, et les spectateurs convaincus que le Très-Haut avait envoyé la bestiole pour sauver le condamné, donnèrent spontanément à l’insecte sauveur le nom de Bête à Bon Dieu.

D’après l’Almanach du Familistère de 1927

Même si j’ai du mal à me l’avouer, il se trouve que je suis un tantinet soit peu superstitieuse…

Pour exemple, quand je suis dans une situation délicate, je suis du genre à penser : « Si je ne rencontre pas Jim Morrison dans les secondes qui viennent, je peux m’acheter cette paire de chaussures… ».

Hum…

Bref.

Alors, quand au début de l’hiver, je me suis aperçue qu’une coccinelle avait fait son nid dans le coin d’une fenêtre de mon appartement, je me suis bien gardée de le passer à l’aspirateur (sort habituellement réservé à tout insecte pénétrant sur mon territoire) et j’ai attendu amoureusement que les petites coccinelles sortent du nid.

Avec l’Amoureux, nous leur avons donné des petits noms; Coco 1, Coco 2, Coco 3, etc… On n’a vraiment que ça a faire…

Nous avons appris que la coccinelle n’apprécie pas vraiment l’hiver (et qu’on lui marche malencontreusement dessus non plus) et il ne reste plus que celles qui ont quitté le nid il y a quelques jours seulement…

En tapant ces quelques mots, je me rends compte au combien ma vie est fascinante…

Enfin, en ce moment nous marchons sur des œufs afin de mener Coco 14, Coco 15 et Coco 16, saines et sauves jusqu’au printemps…

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